« Wow », c’est l’effet que m’a fait la découverte des visuels du spectacle. Un wow de surprise et d’émerveillement à la vue des premières affiches de l’Emajinarium. L’écran me captive. Une créature aux couleurs éclatantes m’entraîne dans un univers onirique. Mes yeux brillent. Mon âme voyage…

« L’effet Wow » ou « Waouh » parle d’émotion. Ce « marketing de l’enchantement » vise à susciter un éblouissement à une fin d’engagement. Il s’agit avant tout d’un impact sur une personne. Une forte impression se produit à l’intérieur de soi. Les expressions l’illustrent : renversant, estomaqué, sidéré, le souffle coupé, en prendre plein les yeux…Cette secousse interne anime chacun de nous. Par nous, j’entends les 130 artistes impliqués dans ce projet, chacun admiratif de ses voisins. J’ai le plaisir de faire partie de l’aventure en tant que danseuse, logisticienne et aujourd’hui bloggeuse. A chaque fois que je découvre un costume extravagant créé par Fraise au Loup, je suis époustouflée. Par nous, j’entends aussi les sept milliards d’êtres humains qui partagent cette capacité à plonger dans des mondes imaginaires bien qu’ayant deux pieds sur terre. 

L’effet Wow suscite le désir : j’en veux plus, j’en veux encore, j’en veux toujours ! Plus de liberté dans les mouvements d’un danseur ou d’un acrobate ! Plus de vibration dans les sons d’un musicien ! Plus de relief dans les matières d’une costumière ! Plus de trace dans les poudres d’une maquilleuse ! Plus d’amplitude dans la respiration d’un spectateur en quête d’extraordinaire, de rêve et de féerie ! L’effet ébouriffant transporte loin d’un quotidien gris.

Chaque membre du spectacle a rejoint le projet à partir d’un wow. Sa sensibilité accrochée, il a poussé les portes d’une salle de réunion ou de répétition du collectif Free Spirit. Un lien émotionnel s’est créé. Pas de casting classique mais un échange de wow : Wow, vous préparez ce projet-là ? contre un Wow, tu sais faire ça ? Et par « faire ça », il ne s’agit pas de technique mais avant tout d’émotion. Un artiste utilise l’émotion, c’est-à-dire ce qui le meut ou le motive, comme matière première pour créer. Il ouvre ensuite son œuvre au regard du spectateur avide d’effets sensationnels. Pas de chorégraphe unique mais 60 co-créateurs sur scène, chorégraphiant à partir de wow. Wow, c’est canon ce mouvement, j’en ai des frissons ! De même, pas de metteur en scène unique mais 130 membres qui échangent leurs impressions. Un bel exemple de collaboration sensible. 

Au fur et à mesure de la réalisation du spectacle, les wow se succèdent. Wow, hier nous étions 30, aujourd’hui nous sommes 130 ! Wow, étonnant ce mélange de disciplines au sein d’un même show. Dans un même tableau, circassiens, capoeristes et danseurs dessinent des gestes fantasmagoriques. Wow, surprenant le fondateur du collectif et son talent de susciter l’engagement bénévole d’autant d’amateurs et de professionnels. Wow, la première vidéo des coulisses a été visionnée des milliers de fois en quelques heures à peine. L’engouement se fait sentir. Les images font rêver.

Le wow témoigne d’un déséquilibre. Un étourdissement sonne la rupture avec la seconde d’avant. Cette vague d’ivresse qui bouscule les corps marque les esprits.  L’Emajinarium invite à l’étonnement et promet le wow joyeux d’une suspension hors du temps. Celui ou celle qui pose son regard sur notre travail aura, nous l’espérons, l’œil qui pétille l’espace d’un instant d’enchantement.

L’effet Wow – Spectacle Emajinarium (août 2017 by AnSo Libert)

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